Prescriptions en DCI : vos logiciels sont-ils certifiés ?

Paris, le 3 décembre 2014 - Depuis l’arrivée des génériques, les médecins s’étaient réhabitués aux dénominations communes internationales (DCI), ou noms génériques, appellations uniques créées par l’OMS en 1950 pour l’identification universelle des substances. Cependant, à certaines DCI compliquées ils préféraient encore le nom de spécialité plus simple à retenir pour eux… et leurs patients.

A côté du traditionnel (ou électronique) Vidal sont arrivés les logiciels d’aide à la prescription (LAP), le pharmacien quant à lui pouvant se servir d’un logiciel d’aide à la dispensation (LAD).

Votre LAP est-il certifié ?

Selon un décret paru le 15 novembre*, les professionnels de santé doivent désormais utiliser des LAP et LAD certifiés par la HAS. Et toute prescription d’une spécialité pharmaceutique devra se faire en DCI.

Mais il n’y a pas de surprise : la loi du 29 décembre 2011, relative au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé ("Loi Bertrand"), prévoyait, dans son article 19, une généralisation de la prescription en DCI (ou à défaut avec le nom de la pharmacopée). Dans l’article 32, cette loi institue l’obligation de certification pour les logiciels d'aide à la prescription médicale ou à la dispensation "ayant respecté un ensemble de règles de bonne pratique".

Pour laisser notamment aux éditeurs de LAP le temps de s'adapter, la date de mise en œuvre de cette loi avait été fixée au 1er janvier 2015 : c’est donc le décret d'application de ces deux articles de loi qui vient de paraître.

Une quarantaine de LAP sont déjà certifiés à ce jour,  certification donnée pour 3 ans maximum, renouvelable, toute modification dans un logiciel devant faire l’objet d’une nouvelle demande de certification si elle concerne la prescription.

Moins de confusion avec les DCI ?

Mais qu’attendent les autorités de santé de l'obligation de prescription en DCI ? A priori une diminution de l'influence des « labos » sur les prescriptions et une baisse du risque de confusion, à l’étranger ou en cas de noms de marque proches.

Ce n’est pas l’avis de tous les médecins, si l’on en croit les vives réactions que cette nouvelle a provoquées sur le site VidalNews : certains craignent une perte de maîtrise de leur traitement par les patients.

Critiquant les LAP qui « surchargent » leurs ordinateurs, ces praticiens dénoncent les « oukases » des autorités, certains allant même jusqu’à imaginer de dévisser leur plaque…

Il est vrai que l’ordonnance manuscrite devenant une sinécure cela oblige quasiment à utiliser un LAP.

Et les risques d’erreurs persistent avec des noms de DCI proches.


* Décret n° 2014-1359 du 14 novembre 2014

Dr Blandine Esquerre

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