Il faut sauver le soldat DSI

La transformation numérique fait émerger un nouvel univers informatique qui peut échapper au contrôle du directeur (ou directrice) des systèmes d’information (DSI). Certains managers seraient tentés de le marginaliser, au risque de générer un système d’information (SI) dispersé et incohérent. Le DSI, ce soldat courageux qui a su construire le SI de l’entreprise, est en danger, il reste pourtant le mieux placé pour centraliser le contrôle de l’ensemble du SI et garantir sa cohérence.

Deux univers informatiques cohabitent dans l’entreprise

Historiquement les directions des systèmes d’information ont laissé les métiers autonomes pour leurs premières aventures digitales : site internet, marketing. Les métiers sont tentés d’aller plus loin et de faire directement leurs choix de solutions sans impliquer, ni même parfois informer, la direction des systèmes d’information : ils sont séduits par l’accès aux solutions SaaS aux mises en œuvre rapides, pour épouser au plus vite les évolutions du marché. Les éditeurs SaaS l’ont bien compris puisqu’ils prospectent directement auprès des métiers.

Analystes et observateurs ont différentes visions pour caractériser cette bipolarisation de l’informatique :

  • Le Gartner Group a inventé le concept d’informatique « bimodale », qui cloisonne un domaine « traditionnel » réputé stable et un domaine dit « exploratoire », itératif et agile, expérimentant des innovations.
  • Son concurrent Forrester Research oppose « back-office IT » (systèmes traditionnels stables destinés aux employés) et « business technology » (systèmes innovants destinés aux clients).
  • D’autres opposent l’informatique traditionnelle au « shadow IT » : l’ensemble des dépenses informatiques faites directement par les métiers hors direction des systèmes d’information.

Les risques d’une informatique à deux vitesses

On peut être réservé sur le concept de bimodal qui induit une fracture, sur le réducteur partage systèmes-employés vs systèmes-clients, ou la seule considération du shadow IT, mais on perçoit bien la difficulté à gérer deux domaines qui se juxtaposent sans vraiment s’intégrer. Certaines entreprises ont créé des « directions du digital », à l’intérieur ou en dehors de la direction des systèmes d’information, mais sans résoudre pour autant le défi de l’intégration.

Quelle que soit la vision que l’on en a, deux univers informatiques trop disjoints présentent des risques :

  • La dispersion de données dans des systèmes extérieurs ajoute une complexité à la difficulté résiliente d’assurer la cohérence et la qualité des données
  • Le manque d’intégration conduira à des applications redondantes, des traitements contradictoires, des incompatibilités techniques, des expériences client décevantes
  • La prolifération des applications et leur dispersion compliquent singulièrement la sécurité de l’ensemble
  • Les financiers découvrent un budget informatique officiel et des budgets de l’ombre
  • Les informaticiens cantonnés à l’informatique « back-office » nourriront du ressentiment vis-à-vis de leurs collègues du « digital », en moyenne plus jeunes et plus au fait des nouvelles technologies et nouvelles méthodes

Le nouveau DSI : un visionnaire garant de la cohérence du système d’information

Marginaliser une informatique traditionnelle serait une erreur. Laisser l’évolution vers le « tout numérique » de façon non contrôlée serait une erreur. Face à ces risques le DSI est le recours. Il est le mieux placé pour endosser la responsabilité de l’ensemble des univers informatiques, qu’on les appelle traditionnel/exploratoire, back-office/ business technology, interne/shadow IT.

Le soldat DSI a une nouvelle mission :

  • Garantir l’intégration, la cohérence et la sécurité de l’ensemble du système d’information, comprenant ses composants externes et le « tout digital ».
  • Permettre la même vitesse d’évolution à tous les domaines et éviter les ruptures.

Il doit avoir une vision d’ensemble du SI et en être le chef d’orchestre. A ce titre sa compréhension des enjeux de l’entreprise et sa capacité de dialogue et de persuasion auprès des métiers tentés par l’autonomie, sont autant de qualités primordiales.

Merci à Richard Peynot pour cet excellent article 🙂

La blockchain fait rêver le secteur de la santé

AFP le 25.05.2018.

Sécuriser les échanges de données de patients, améliorer la conduite des essais cliniques ou la traçabilité des médicaments: les promesses de la blockchain font rêver le secteur de la santé qui commence à l’expérimenter, mais à petite dose et en ordre dispersé.

Technologie sous-jacente au bitcoin et autres monnaies virtuelles, la blockchain consiste en une “chaîne de blocs” de transactions chiffrées. Une sorte de livre de comptes décentralisé, car tenu par tous les acteurs qui y ont accès, mais réputé inviolable: car plus la chaîne s’étend, plus elle contient de maillons qu’il faudrait briser et remplacer auprès de tous les acteurs en même temps.

L’engouement pour cette technologie a déjà gagné de nombreux secteurs d’activité allant de la finance à la logistique, de l’industrie agroalimentaire à l’énergie en passant par le transport aérien.

En santé, elle commence aussi à faire l’objet de projets pilotes pour analyser des données de santé, garantir la sécurité de dispositifs médicaux et gérer des dossiers électroniques de patients.

“Il est possible de multiplier à l’infini ses applications et de l’utiliser pour conduire des essais cliniques, accélérer l’approbation de nouveaux traitements, réduire les risques de contrefaçon et renforcer la transparence des coûts”, s’est récemment enthousiasmé le géant pharmaceutique français Sanofi dans une note sur le sujet.

– Respecter le droit à l’oubli –

Aux Etats-Unis, IBM Watson Health travaille depuis plus d’un an avec l’agence américaine du médicament, la FDA, pour élaborer un système d’échange de données de santé sécurisé, efficace et évolutif à partir de la technologie blockchain.

Toujours avec IBM, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), critiqués pour la gestion de plusieurs cas d’infection au virus Ebola aux Etats-Unis en 2014, planchent sur un système basé sur la blockchain qui permettrait d’assurer un meilleur suivi épidémiologique en cas de nouvelle crise sanitaire.

En Europe, le projet MyHealthMyData conçoit quant à lui un modèle de blockchain pour la santé compatible avec le nouveau règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD), applicable depuis ce vendredi dans l’Union européenne.

“Nous ne stockons dans la blockchain que des liens vers les informations, et non les informations elles-mêmes”, précise à l’AFP David Manset, coordinateur de MyHealthMyData et directeur de be-studys, filiale de recherche-développement de be-almerys, gestionnaire de flux de tiers-payant pour des organismes de complémentaire santé.

Financé à hauteur de 3,5 millions d’euros par l’UE et disposant de nombreux partenaires, dont l’allemand Siemens, MyHealthMyData vise en priorité à faciliter l’accès, la mise à disposition et le partage de données de santé dans le cadre d’essais cliniques, dont les tâches administratives absorbent actuellement “80% du temps des chercheurs”, selon M. Manset.

Mais comment concilier les droits des personnes à disposer de leurs données, dont le “droit à l’oubli” consacré par le RGPD, avec la blockchain dont l’intérêt réside justement dans l’immuabilité et la mémoire permanente de tous ses maillons?

MyHealthMyData propose une parade: si une personne souhaite effacer définitivement ses données de la chaîne, les liens vers ses informations pourront être rompus, mais sans pour autant briser la chaîne dans son ensemble. “Les maillons concernés resteront en place, mais deviendront amorphes”, explique M. Manset.

– La cerise sans le gâteau –

Bien qu’elle soit associée par beaucoup à l’image sulfureuse des cryptomonnaies, “nous voyons plutôt la blockchain comme un rassembleur de tiers de confiance”, ajoute-t-il.

Anca Petre, cofondatrice de 23 Consulting, jeune cabinet de conseil spécialisé sur le potentiel de la blockchain en santé, voit toutefois mal une adoption rapide et à grande échelle de cette technologie dans le secteur.

“Il faudrait pour cela disposer de données 100% numériques et de logiciels interopérables” chez tous les acteurs, ce qui est très loin d’être le cas aujourd’hui, explique-t-elle à l’AFP.

Il s’annonce par ailleurs difficile de fédérer tous les acteurs d’un secteur aussi vaste et sensible que celui de la santé.

“Le premier enjeu, c’est de mettre tout le monde d’accord”, ce qui “mettra du temps”, prévient ainsi Luca Comparini, responsable blockchain chez IBM France, interrogé par l’AFP au salon Vivatech à Paris.

“La blockchain, c’est la cerise sur le gâteau. Mais il faut faire le gâteau avant”, résume Mme Petre.

Quelles applications et enjeux de la blockchain pour la santé ?

La blockchain, registre distribué et inaltérable, peut garantir l’intégrité des données de santé à travers l’ensemble des systèmes d’informations. Un système où tous les participants du système de santé (hôpitaux, centres de recherche, compagnies d’assurance, laboratoire pharmaceutique et patients) pourraient stocker et partager les données de santé via une blockchain résoudrait de nombreux problèmes d’interopérabilité et de sécurité.
En outre, un tel registre patient donnerait accès à un nombre colossal de données de santé, et ouvrirait ainsi la voie à des analyses big data pouvant être particulièrement utiles aux instituts de recherche, aux laboratoires pharmaceutiques, et aux pouvoirs publics. L’anonymat des patients serait garanti grâce au système de clé publique et clé privée.
La blockchain peut également être utilisée en tant qu’outil de traçabilité et de vérification d’authenticité pour les médicaments et les ordonnances médicales. Les laboratoires pharmaceutiques pourraient ainsi en bénéficier pour lutter contre la contrefaçon de médicaments. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que 10 à 30% des médicaments en circulation dans les pays en développement sont en réalité de faux médicaments.
Par ailleurs, la véracité des travaux de recherches et d’essais cliniques menés est régulièrement remise en cause ; certains vont jusqu’à estimer que 60 à 80% des projets de recherches seraient infondés scientifiquement parlant. La blockchain permettrait y apporter plus de transparence et donc de fiabilité.
Données médicales, contrefaçon de médicaments, transparence de la recherche, données génétiques…la blockchain présente de sérieux atouts pour les acteurs du monde de la santé !

Pour télécharger l’étude de Blockchain Partner

Pierre Fabre | La transformation du business model à l’ère digitale

Eric Ducournau est le PDG du groupe Pierre Fabre Dermo-Cosmétiques et par conséquent, sa vision de la transformation du business model à l’ère digitale est nécessairement intéressante.Market iT Pierre Fabre | La transformation du business model à l’ère digitale Digital
Pierre Fabre est avant tout un industriel mais ce qui change fondamentalement aujourd’hui, c’est le fait de s’intéresser de manière beaucoup plus précise au consommateur. Finalement les groupes industriels sont passés d’un modèle B2B2C à B2C sans vraiment l’avoir cherché.
La question essentielle pour Eric Ducournau est donc bien d’intégrer les retours des consommateurs dans la création de valeur de chacune des marques.
Selon Eric Ducounau, il faut remettre en cause la hiérarchie de la création de valeurs et remettre tout le monde en capacité de créer de la valeur.
Il ne s’agit pas seulement de modifier le mode de fonctionnement mais de lâcher prise sur nos habitudes anciennes qui ne fonctionnent plus aujourd’hui.
Les marques doivent se mettre en position de risque pour gagner le challenge de la révolution liée à la transformation digitale.
D’ailleurs, pour lui, il faut nécessairement décentraliser pour réussir à relever ce challenge.

Pour lire l’article de Grégory Pouy

Market iT vous souhaite une brillante année 2018 !!!

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Baromètre des pratiques digitales 2016

Pour la deuxième année consécutive, Sia Partners, Econocom et l’Ifop présentent les résultats de leur étude de grande ampleur sur les pratiques digitales des entreprises.
Avec plus de 400 participants issus de 329 grandes entreprises françaises de plus de 500 collaborateurs, dont 25 groupes du CAC 40, cette étude établit une cartographie inédite de la transformation numérique des entreprises en France. Ce baromètre pose ainsi, sur deux ans, les bases d’un référentiel pertinent pour les éditions futures.

Market iT Baromètre des pratiques digitales 2016 Digital

Comment l’Intelligence Artificielle va permettre de passer du push product au pull client

DIGITAL DAY 7 FIGARO –Market iT Comment l'Intelligence Artificielle va permettre de passer du push product au pull client Digital

Stéphane Mallard – en charge de la Stratégie et de l’Innovation de Société Générale Corporate & Investment Banking

Des robots programmés à l’IA où l’on apprend aux robots à se programmer, se créer des concepts et créer des corrélations en vérifiant des hypothèses pour effectuer des tâches.
L’IA se diffuse sur la planète. La clef sera la qualité de la relation client, la confiance : vers le pull client.
Créer de l’empathie dans les services par l’automatisation de l’IA sera fondamental ; dans la médecine, la durée de vie, l’élément non humain dans l’humain, et cela ouvre de formidables opportunités pour l’humanité.

Webinar Market iT – Veeva 01/07/2016 : Comment gérer ses actifs numériques en toute conformité

Market iT Webinar Market iT - Veeva 01/07/2016 : Comment gérer ses actifs numériques en toute conformité Digital

Les entreprises des sciences de la vie font face à de nouveaux défis en termes de création, distribution et réutilisation de leurs contenus promotionnels dans un monde de plus en plus digital.
Le Digital Asset Management (DAM) leur permet de gérer ces actifs numériques tout au long de leur cycle de vie et de leur distribution en limitant les risques de non conformité.

Dans ce webinaire, Jean-Louis Queva, Directeur associé chez Market iT, et Yann Kervevan, Senior Solutions Consultant chez Veeva Systems vous donneront un aperçu sur :
–       Les stratégies numériques dans le secteur des sciences de la vie
–       Les défis auxquels font face les équipes marketing et réglementaires
–       L’impact du DAM sur la chaîne de distribution du numérique

Vendredi 1er juillet 2016 à 11h00 AM (GMT+2:00 Paris)

Market iT Webinar Market iT - Veeva 01/07/2016 : Comment gérer ses actifs numériques en toute conformité Digital

Transformation digitale et Open Innovation des industries de santé : les résultats de l’enquête

Doctors 2.0 & You, le congrès international de la santé digitale à Paris, a été conçu par Denise Silber, fondatrice de Basil Stratégies, afin de rassembler les experts de la santé digitale des cinq continents et de montrer en France la diversité des réalisations possibles. Hopscotch Congrès est producteur de la manifestation en partenariat avec Basil Stratégies depuis cette sixième édition.
Depuis quatre ans, suite à un partenariat avec la FNIM, présidée par Eric Phélippeau, Doctors 2.0 & You est aussi l’occasion pour Denise et Eric de construire ensemble une session de présentation d’une étude ad hoc et des témoignages de managers.
La session 2016 a été organisée autour de deux volets – transformation digitale et open innovation – avec la présentation par Eric Phélippeau et Denise Silber des résultats d’une enquête concernant la transformation digitale et l’innovation ouverte, suivie d’un témoignage par Julie Valette, manager digital d’une filière de Santé Maladies Rares à l’hôpital Necker. Deux autres témoins sont aussi intervenus : Arnaud Moyne de Linkfluence a présenté le potentiel de l’e-réputation pour l’industrie, et Anne-Claire Donze d’AstraZeneca a décrit son vécu de l’application en pratique.

Pour une synthèse de l’enquête : « Transformation digitale et Open Innovation des industries de santé » et pour télécharger les résultats :

Market iT Transformation digitale et Open Innovation des industries de santé : les résultats de l'enquête Digital